14 avr. 2008

éléments pour une croisance sociale

« Trop de rigueur tuera la rigueur. Le gouvernement fait fausse route en comprimant les dépenses au lieu de relancer la croissance et les recettes ». Cet article de l’économiste Liêm Hoang-Ngoc paru dans Le Monde du 11 avril 2008 a retenu mon attention, plus que tout autre. Pourquoi ? Certainement parce les propos ainsi que les exemples pris me conviennent et qu’il contient un ensemble d’éléments économiques aptes à nourrir les réflexions de ceux qui comme moi à gauche ne se satisfont pas de cette politique de rigueur contraire à l’intérêt du pays comme des familles et des entreprises. La droite sarkosienne, prise dans le tourbillon des ses improvisations continuelles, a oublié la rigueur Juppé des années 90 qui mena aux suites que l’on sait. Raison supplémentaire pour revenir à gauche sur les bons moyens d’une relance globale de la croissance mère nourricière d’une France qui aspire à moins d’inégalité et à plus de justice sociale.
J’en viens maintenant aux points relevés dans l’article
« Le gouvernement s’apprête à appliquer un plan d’économie de 7 milliards d’euros à l’horizon 2011 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques ….contrairement à l’objectif recherché, les déficits se creuseront de nouveau, compte tenu de la chute des recettes fiscales induites par la décroissance de l’économie…la politique budgétaire restrictive française est une erreur économique à l’heure où pointe une récession mondiale…Premièrement, la France n’est aucunement en faillitte…comme tout compte de patrimoine, le compte de l’Etat comporte un passif, la dette, et les actifs qu’il détient. La différence, positive, représente 38% du PIB. Chaque nouveau-né voit en vérité le jour avec un crédit de 11000 euros ».
« Deuxièmement, nos marges de manœuvres sont …plus grandes qu’outre-Atlantique. Il existe une abondante épargne intérieure qui fait cruellement défaut aux Etats-Unis…il n’y a donc aucun problème pour financer la politique publique ».
« Le meilleur moyen de réduire les déficits est de relancer la bonne dépense, celle qui exerce un effet réel sur la croissance….contrairement à une idée reçue, la montée inexorable des déficits n’est aucunement due à une explosion des dépenses de l’Etat et de ses dépenses de fonctionnement. La part des dépenses publiques dans le PIB est restée inchangée depuis vingt-cinq ans, autour de 53% du revenu national ».
« En son sein, ce sont les dépenses sociales (santé, retraite) qui ont augmenté de plus de 2 points, sans qu’on puisse crier au scandale. La part des dépenses de l’Etat a baissé de 3 points, passant de 25% à 22% du PIB….les dépenses de fonctionnement, cibles de toutes les critiques, ont été réduites de 5 points etc…Le creusement de la dette publique ne provient dont pas de l’inflation des dépenses publiques, mais de la chute des recettes fiscales qui résulte de la baisse du rendement de l’impôt. Les réformes fiscales engagées depuis 1993 et les politiques de l’offre se sont avérées incapables d’emmener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3% ».
« La dette publique s’est donc accrue….malgré leur zèle à comprimer les dépenses publiques, cinq autre pays de l’Eurogroupe, le Portugal, l’Allemagne, la Belgique, la Grèce, l’Italie ne parviennent pas à respecter la limite d’un taux d’endettement de 60% du PIB ».
« La présidence française du Conseil européen peut être l’occasion de lancer le chantier…pour inscrire l’Europe dans la perspective d’une relance mondiale de la croissance
».